On trouve tout sur Internet ! Même le dictionnaire de
Boissier de Sauvages... Et que nous dit-il pour "Salo" (Salle) composant de LaSalle, Salindre (vraisemblablement le nom premier de la rivière, d'où "pont de Salindre" à Thoiras), Salindrenque (vallée de la Salindre) ? Attention, il écrit le "s minuscule" "f"... mais c'est bien de "s" qu'il s'agit.
Pourtant d'autres toponymistes (comme il y a des physionomistes !) nous disent que c'est plutôt "Salero" (qui signifierait "rivière", ou truite selon certaines versions !) qui a donné son nom à la rivière. LaSalle et Salindrenque n'auraient pas la même origine. Effectivement il y a plusieurs rivières qui portent ce nom et qui ne sont pas dans le vallon de LaSalle (Salindre par exemple dans le Galeizon) ! Sans compter : "Sal", eau salée, saline, conduite d'eau où l'on jette du sel pour attirer le gibier : dont on voit mal ce que cela vient faire ici ! A moins qu'il ne s'agisse du gypse, sulfate de calcium
(CaSO4(H2O)2) exploité jusqu'au début du XXe siècle et dont on a fait les "gypseries", ou stucs, sommets de "l'art du plâtre". Au Moyen-âge, période où beaucoup de noms de lieux ont été fixés,
les moines de Cluny et Citeaux ont remis à l'honneur ce savoir-faire longtemps oublié. Cette ressource, relativement abondante dans la région, lui aurait-elle donné son nom avec celui de la rivière ? Qui sait ?
Et que dire, à propos de la racine "sal" du double "sal sal" qui constitue la devise du blason de Sauve ? L'interprétation : sal = sauge (2 fois salvatrice !), qui redouble le visuel (un bouquet de sauge paraît-il) semble un peu trop redondante pour être sérieuse. Mais quoi alors ?
Une piste (dont le sérieux est à vérifier) est avancée par l'interprétation qui fait de la Sauge (salvia palaestinae) le modèle botanique qui a inspiré la forme de la ménorah juive (le chandelier en "Y" avec trois branches à droite, trois à gauche). Les représentations anciennes du blason le représentent d'ailleurs avec trois branches qui arrivent chacune au même niveau. La
ménorah serait la représentation de l'arbre de vie (lien entre le ciel et la Terre d'un côté, entre la Terre et le ciel de l'autre). S'agissant des armes de Sauve, la plante surgit de la montagne, elle-même protégée par la fortification du château : elle est deux fois "sauve" en effet ! Quelle belle coïncidence, en outre, avec la forme de la fourche de Sauve ! Ce "sal" là aurait-il influencé le "sal" de Salindre (enque) ? Qui peut le dire ?