Adresse et heures d'ouverture

Adresse : ancien foyer rural (rue du Canal d'Algues), 30460 Lasalle

Tél : 04 66 83 99 14

Heures d'ouverture : Lundi 10-12h, Mardi 16h-18h, Mercredi 10h-12h et 14-18h, Vendredi : 16h30 - 18h , Samedi 10-12h
Jeudi (fermeture pour travaux collectifs)

"Regardez le spectacle de ces murs : c'est comme une bibliothèque dans la montagne. Regardez une bibliothèque : c'est comme un mur et qui tient des choses capitales. Nous avons besoin de livres et de pierres" (Patrick Cabanel)
"À vrai dire, toute perception est déjà mémoire. Nous ne percevons pratiquement que le passé, le présent pur étant l'insaisissable progrès du passé rongeant l'avenir." (Henri Bergson)

15.2.12

Les Camisards à la question


Le 10 février 2012 10:32, Info Cratère Alès ‪<info@lecratere.fr>‬ a écrit :


Conférence gratuite
avec les trois grands spécialistes de l’histoire des Camisards :

Jean-Paul Chabrol, Philippe Joutard et Patrick Cabanel,
animé par Yann Cruvellier des Editions Alcide.

Mardi 28 février à 17h30, 19h et 20h30
Salle d’à côté du Cratère, scène nationale d’Alès

Parmi ceux qui ont écrit sur les Camisards, trois grands spécialistes ressortent :
Jean-Paul Chabrol, Philippe Joutard et Patrick Cabanel. 
Après nous avoir présenté leurs points de vue, ils échangeront avec le public.
Une occasion exceptionnelle de mettre en lumière cette histoire passionnante.
Riche, diversifiée, conviviale et érudite, cette soirée se déroulera en trois temps :

► 17h30 : La guerre des Camisards : Quelle guerre ?
-          « Petite guerre » et grands combats par  Jean-Paul Chabrol
-          Des aspects militaires aux enjeux internationaux par Philippe Joutard
-          La guerre des Camisards : à quoi a-t-elle « servi » ? par Patrick Cabanel
► 19h : Diner avec le public et les conférenciers
permettant des échanges informels et conviviaux (réservation obligatoire)

► 20h30 : La résonance de la guerre des Camisards
-          La légende des Camisards  par Philippe  Joutard
-          Rolland, la fabrique d’un héros  par Jean-Paul Chabrol
-          Des Camisards aux Justes : des résistances en héritage ? par Patrick Cabanel
Les conférences sont gratuites (réservation conseillée).
Vous pouvez assister à une ou aux deux conférences.
Le coût du repas est de 10€, comprenant plat principal et dessert.
Le nombre de place étant limité, la réservation est obligatoire au 04 66 52 52 64

13.2.12

Civilisations : de quoi parle-t-on ?

« Toute civilisation (...) prend, à l'intérieur de chaque peuple, de chaque État, des caractères particuliers. mais les éléments les plus essentiels qui la constituent ne sont la chose ni d'un État, ni d'un peuple ; ils débordent les frontières, soit qu'ils se répandent, à partir des foyers déterminés par une puissance d'expansion qui leur est propre, soit qu'ils résultent des rapports qui s'établissent entre sociétés différentes et soient leur œuvre commune (...) La civilisation est (...) une sorte de milieu moral englobant un certain nombre de nations, chaque culture nationale n'étant qu'un forme particulière du tout. » — Émile Durkheim

Tableau extrait de Wikipédia


















Vive la symbiose des cultures
Le Monde - Point de vue | | 07.02.12 | 14h22 par Edgar Morin, sociologue et philosophe
Chaque culture a ses vertus, ses vices, ses savoirs, ses arts de vivre, ses erreurs, ses illusions. Il est plus important, à l'ère planétaire qui est la nôtre, d'aspirer, dans chaque nation, à intégrer ce que les autres ont de meilleur, et à chercher la symbiose du meilleur de toutes les cultures

La France doit être considérée dans son histoire non seulement selon les idéaux de Liberté-Egalité-Fraternité promulgués par sa Révolution, mai aussi selon le comportement d'une puissance, qui, comme ses voisins européens, a pratiqué pendant des siècles l'esclavage de masse, a dans sa colonisation opprimé des peuples et dénié leurs aspirations à l'émancipation. Il y a une barbarie européenne dont la culture a produit le colonialisme et les totalitarismes fascistes, nazis, communistes. On doit considérer une culture non seulement selon ses nobles idéaux, mais aussi selon sa façon de camoufler sa barbarie sous ces idéaux.Nous pouvons tirer fierté du courant autocritique minoritaire de notre culture, de Montaigne à Lévi-Strauss en passant par Montesquieu, qui a non seulement dénoncé la barbarie de la conquête des Amériques, mais aussi la barbarie d'une pensée qui "appelle barbares les peuples d'autres civilisations" (Montaigne).De même le christianisme ne peut être considéré seulement selon les préceptes d'amour évangélique, mais aussi selon une intolérance historique envers les autres religions, son millénaire antijudaïsme, son éradication des musulmans des territoires chrét iens, alors qu'historiquement chrétiens et juifs ont été tolérés dans les contrées islamiques, notamment par l'Empire ottoman. Plus largement, la civilisation moderne née de l'Occident européen a répandu sur le monde d'innombrables progrès matériels, mais d'innombrables carences morales, à commencer par l'arrogance et le complexe de supériorité, lesquels ont toujours suscité le pire du mépris et de l'humiliiation d'autrui.
Il ne s'agit pas d'un relativisme culturel, mais d'un universalisme humaniste. Il s'agit de dépasser un occidentalocentrisme et de reconnaître les richesses de la variété des cultures humaines. Il s'agit de reconnaître non seulement les vertus de notre culture et ses potentialités émancipatrices, mais aussi ses carences et ses vices, notamment le déchaînement de la volonté de puissance et de domination sur le monde, le mythe de la conquête de la nature, la croyance au progrès comme lot de l'histoire. Nous devons reconnaître les vices autoritaires des cultures traditionnelles, mais aussi l'existence de solidarités que notre modernité a fait disparaître, une relation meilleure à la nature, et dans les petites cultures indigènes des sagesses et des arts de vivre. Le faux universalisme consiste à nous croire propriétaires de l'universel - ce qui a permis de camoufler notre absence de respect des humains d'autres cultures et les vices de notre domination. Le vrai universalisme essaie de nous situer en un méta-point de vue humain qui nous englobe et nous dépasse, pour qui le trésor de l'unité humaine est dans la diversité des cultures. Et le trésor de la diversité culturelle dans l'unité humaine.

7.2.12

Lire les Cévennes (1)

Envoyez-nous vos suggestions de "livres à lire" pour ... "mieux connaître les Cévennes" (et pas seulement celles d'hier !) Voici les premiers titres qui nous sont parvenus...











5.2.12

Toponymie

On trouve tout sur Internet ! Même le dictionnaire de Boissier de Sauvages... Et que nous dit-il pour "Salo" (Salle) composant de LaSalle, Salindre (vraisemblablement le nom premier de la rivière, d'où "pont de Salindre" à Thoiras), Salindrenque (vallée de la Salindre) ? Attention, il écrit le "s minuscule" "f"... mais c'est bien de "s" qu'il s'agit.

Pourtant d'autres toponymistes (comme il y a des physionomistes !) nous disent que c'est plutôt "Salero" (qui signifierait "rivière", ou truite selon certaines versions !) qui a donné son nom à la rivière. LaSalle et Salindrenque n'auraient pas la même origine. Effectivement il y a plusieurs rivières qui portent ce nom et qui ne sont pas dans le vallon de LaSalle (Salindre par exemple dans le Galeizon) ! Sans compter : "Sal", eau salée, saline, conduite d'eau où l'on jette du sel pour attirer le gibier : dont on voit mal ce que cela vient faire ici ! A moins qu'il ne s'agisse du gypse, sulfate de calcium (CaSO4(H2O)2) exploité jusqu'au début du XXe siècle et dont on a fait les "gypseries", ou stucs, sommets de "l'art du plâtre". Au Moyen-âge, période où beaucoup de noms de lieux ont été fixés, les moines de Cluny et Citeaux ont remis à l'honneur ce savoir-faire longtemps oublié. Cette ressource, relativement abondante dans la région, lui aurait-elle donné son nom avec celui de la rivière ? Qui sait ?

Et que dire, à propos de la racine "sal" du double "sal sal" qui constitue la devise du  blason de Sauve ? L'interprétation : sal = sauge (2 fois salvatrice !), qui redouble le visuel (un bouquet de sauge paraît-il) semble un peu trop redondante pour être sérieuse. Mais quoi alors ?


Une piste (dont le sérieux est à vérifier) est avancée par l'interprétation qui fait de la Sauge (salvia palaestinae) le modèle botanique qui a inspiré la forme de la ménorah juive (le chandelier en "Y" avec trois branches à droite, trois à gauche). Les représentations anciennes du blason le représentent d'ailleurs avec trois branches qui arrivent chacune au même niveau. La ménorah serait la représentation de l'arbre de vie (lien entre le ciel et la Terre d'un côté, entre la Terre et le ciel de l'autre). S'agissant des armes de Sauve, la plante surgit de la montagne, elle-même protégée par la fortification du château : elle est deux fois "sauve" en effet ! Quelle belle coïncidence, en outre, avec la forme de la fourche de Sauve ! Ce "sal" là aurait-il influencé le "sal" de Salindre (enque) ? Qui peut le dire ?