Adresse et heures d'ouverture

Adresse : ancien foyer rural (rue du Canal d'Algues), 30460 Lasalle

Tél : 04 66 83 99 14

Heures d'ouverture : Lundi 10-12h, Mardi 16h-18h, Mercredi 10h-12h et 14-18h, Vendredi : 16h30 - 18h , Samedi 10-12h
Jeudi (fermeture pour travaux collectifs)

"Regardez le spectacle de ces murs : c'est comme une bibliothèque dans la montagne. Regardez une bibliothèque : c'est comme un mur et qui tient des choses capitales. Nous avons besoin de livres et de pierres" (Patrick Cabanel)
"À vrai dire, toute perception est déjà mémoire. Nous ne percevons pratiquement que le passé, le présent pur étant l'insaisissable progrès du passé rongeant l'avenir." (Henri Bergson)
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9.10.15

Fête de la châtaigne le 1er novembre à Lasalle-en-Cévennes (Gard)

Pour les 70 ans de l'Unesco, la médiathèque de Lasalle sera tenue ouverte le 1er novembre par les bénévoles de l'Association des amis de la bibliothèque.
Une exposition de l'Entente Causse et Cévennes sur le paysage culturel de l'agro-pastoralisme sera ainsi offerte au public de la Fête de la châtaigne : la médiathèque se trouve derrière l'Office du tourisme au fond de la cour (en face le stade de foot).
Ce pourra aussi être l'occasion pour ses adhérents de prendre connaissance des 300 documents mis en rayon à l'occasion du dernier passage du Bibliobus de la Bibliothèque départementale de prêt ! Et, pour les nouveaux venus de s'inscrire : la consultation des livres est gratuite mais vous pouvez contribuer à leur renouvellement en adhérant à l'Association (10 €).
A cette occasion vous pourrez consulter sur les ordinateurs le site Internet consacré à la découverte du pastoralisme dans la vallée de la Salendrinque : http://cevennes-unesco-salendrinque.jimdo.com/
Le journal "Le Grillon" qui paraît le 1er novembre  proposera lui aussi un dossier sur le pastoralisme, sous l'angle du "Pacte pastoral".
Consulter le programme de la Fête de la châtaigne sur le site de Lasalle. Il devrait être mis à jour prochainement.

5.7.13

Ambassadeurs de l'UNESCO

L'association des Amis de la bibliothèque de Lasalle entraîne la médiathèque dans le courant du réseau des Ambassadeurs de l'Unesco :
Extrait d'Objectif-Gard
Tous attachés à la préservation et à la valorisation d’un paysage culturel, vivant et évolutif : bibliothèques, restaurateurs, hébergeurs, cafés de pays, artisans d’art, musées, offices de tourisme… vont chacun mettre en route un projet pour valoriser les aspects "agro-pastoraux" des Cévennes. Pour l'association des Amis de la bibliothèque il s'agira de concevoir et d'éditer une brochure mettant en relief les caractères du paysage de la Salendrinque et les ressources touristiques liés à l'agro-pastoralisme ainsi que les aspects littéraires, humains, économiques et artistiques de cet héritage encore vivant. Le diplôme d'"Ambassadeurs" qui nous a été délivré par l’ADRTG (Agence départementale de réservation touristique du Gard) est lié à la réalisation collective de ce projet que l'association ne saurait mettre en oeuvre toute seule.

Il s'agira pour les partenaires locaux qui veulent bien s'investir pour donner du sens au classement des Cévennes par l'Unesco de se rejoindre autour de ce projet qui permet, en donnant du sens, sous l'angle agro-pastoral, à la fréquentation touristique, d’imaginer un tourisme intelligent, sensible et respectueux du patrimoine.

Les collectivités locales, les offices du tourisme, les bibliothèques et médiathèques locales, les producteurs, artisans, auteurs, artistes, bénévoles et professionnels sont invités à réfléchir aux itinéraires (pédestres ou automobiles) qui permettront de valoriser des aspects particulier de l'agro-pastoralisme tout en insérant intelligemment les visiteurs dans un réseau qui les accueille et leur fait partager son goût pour les Cévennes.

19.3.12

Les Causses et les Cévennes, paysage culturel de l'agro-pastoralisme méditerranéen

Refusé une première fois en 2000, puis en 2006, puis en 2009, le dossier des Causses et des Cévennes a finalement été accepté au « Patrimoine mondial » de l'Unesco en juin 2011. C'est l'Association de Valorisation Espace Causses et Cévennes (AVECC), qui réunit toutes les particies prenantes (et elles sont nombreuses : deux régions, cinq départements, des établissements publics etc !), qui est chargée de sa mise en oeuvre.
  • Population concernée dans la zone : 20 847 habitants,
  • en « zone tampon » : 165 707 habitants
AVECC
A la lecture de ce dossier « Mémoire en réponse aux observations du comité du Patrimoine mondial » édité en janvier 2011, on mesure à travers l'argumentaire développé, les représentations sous-jascentes à ce classement, puisqu'il fournit un inventaire des « attributs » du territoire :
  • pour justifier la délimitation du « bien » (qui a fluctué selon les étapes de candidature),
  • et « fournir une base pour la gestion et le maintien des attributs, y compris les processus et les pratiques, liés à l'agro-pastoralisme ».

« L'agro-pastoralisme » est en effet devenu l' orientation unique du dossier de classement, après que les premières tentatives, d'ordre plus général, aient été « retoquées ».

La première partie, d'ordre géographique et descriptive, situe les Cévennes dans l'ensemble du « Bien » : de l'ordre d'1/4 de sa superficie totale, essentiellement les hautes Cévennes (Parc national des Cévennes : mont Lozère, vallée du Tarnon, mont Aigoual et Lingas). Les basses Cévennes sont assez marginalisées car la description est biaisée par le regard vers le territoire du Parc national des Cévennes : par exemple, les « Cévennes du granite » sont celles du mont Lozère et de l'Aigoual-Lingas. Du mont Liron et des vallées cévenoles granitiques il n'en est pas question : Lasalle (pourtant classée en « zone tampon » tout près de la limite de la zone inscrite qui englobe une partie de son territoire, et la rive droite de la Salindrenque quand elle traverse Lasalle), n'est même pas mentionnée. Le Vigan non plus, mais le Vigan n'est plus dans le périmètre proposé à la dernière étape du classement.

Plus intéressant, l'inventaire des « attributs majeurs de l'agro-pastoralime » est assez ouvert :
  • il est rappelé le rôle historique et culturel des activités agro-pastorales, développées surtout dans les derniers siècles du Moyen-Age (Xe au XVe) où le paysage des terrasses, des châtaignerais, des terres de parcours pour les troupeaux transhumants, des mas, hameaux et villages, se met en place sous une configuration qui durera jusqu'à l'époque moderne. La sériciculture n'est pas oubliée avec un siècle de « prospérité » (1750-1850), les plantations de mûriers, la restauration de la châtaigneraie, la modification du bâti... Les mines, elles-mêmes, font l'objet d'un (court) paragraphe : elles participent sans doute de l'agro-pastoralisme dans la mesure où le mineur est aussi paysan !
  • Vient ensuite une autre époque, le siècle (1850-1970) de la déprise rurale avec son impact sur le paysage.
  • Et enfin, la « renaissance » suscitée par la démarche des « néo-ruraux » qui renouvelera la réflexion collective en la dynamisant.

La « vision » de l'époque contemporaine est, comme toujours, plus difficile à appréhender : quand on a « le nez collé » sur le sujet, le recul manque pour en faire un récit audible. Mais on peut en retenir la place de l'Europe, sous l'angle de sa politique agricole et agri-environnementale, avec les « Mesures agri-environnementale », les « Contrats territoriaux d'exploitation », la « Prime herbagère agro-environnementale », les « Plans d'aménagements concertés » etc. Autant de dispositifs qui résonnent comme des mesures technocratiques et bureaucratiques mais qui sont actuellement le bras de levier d'une agriculture coordonnée, sur un territoire donné, pour obtenir de « bonnes pratiques » tout en s'assurant de la « viabilité économiques des élevages concernés. » C'est du moins ce qu'affirme le dossier.

Parc national des Cévennes
Les critères justifiant l'inscription sont loin d'être cantonnés aux attributs spécifiques de l'agro-pastoralisme (drailles, bornes, terrasses...) puisqu'on y trouve : chapelles, constructions paysannes ou savantes, éléments végétaux, systèmes hydrauliques, pratiques agronomiques et pastorales. Leur état n'est pas toujours satisfaisant (ex. de la châtaigneraie et de terrasses de culture) mais l'accent est mis sur les effort de restauration et de protection du patrimoine bâti vernaculaire et sur l'aide financière et technique aux démarches de planification de l'urbanisme.

Les pressions identifiées, qui s'exercent sur ce patrimoine, vont :
  • de « la demande de construction non traditionnelle » qualifiée de « relativement faible » (toujours le biais lié au territoire du parc national sans doute !!!) mais pouvant prendre de l'ampleur,
  • aux « éléments paysagers nouveaux » (bâtiment industriels et agricoles, centrales solaires, fermes éoliennes...),
  • aux « risques de fermeture du milieu » : embroussaillemenet lié au reflux des pratiques agricoles,
  • à l'abandon des petits ouvrages d'aménagement (par exemple destinés à gérer l'eau),
  • aux catastrophes naturelles (mouvements de terrain, inondations, feux de forêts),
  • jusqu'à la pression touristique dans certaines zones de concentration (gorges et cours d'eau).

Divers dispositifs de protection sont déjà en oeuvre sur le site concerné : le dossier énumère les monuments historiques, sites classés, parc national, parc naturel régional, arrêté de biotope, grands sites, loi Montagne, réserve de biosphère : Man and biosphère, zones Natura 2000 (oiseaux et habitats naturels)... Par exemple, sont concernées par la protection des habitats naturels : les vallées du Gardon de Mialet, du Gardon de Saint-Jean, du Galeizon... Parmi les ZNIEFF, et malgré plusieurs recherches, nous n'avons pas pu trouver la ZNIEFF de la Salendrinque (24 ha) alors que figurent la Znief des hautes vallées et affluents des Gardons (7,57 ha), la forêt du col d'Uglas (2,12 ha), les Abarines (0,87 ha), le Pic d'Anjau et le rocher de la Tude (0,40 ha). Rappelons que les Znieff sont des inventaires et non des mesures de protection.

Un chapitre est consacré aux objectifs de gestion du « Bien » classé au Patrimoine mondial (connaissance, sauvegarde, développement, médiation, gouvernance, formation). De nombreux organismes de gestion patrimoniale existant déjà sur le territoire, il n'en est pas créé un de plus mais « seulement » l'Association de valorisation Causses et Cévennes (AVECC) ou « mission technique », chargée de faciliter des pratiques de travail en commun sur le territoire, et la « Conférence territoriale », organisme décisionnel, qui définit les orientations de gestion. Sur la base de ces orientations, la mission technique travaillera avec les organismes en place, dont le Parc national des Cévennes. Les membres de la Conférence territoriale garantissent des engagements budgétaires pour leurs territoires respectifs en faveur de l'activité agro-pastorale. Parmi ces membres, le Parc national des Cévennes est le plus gros employeurs (95 personnes).

Des « indicateurs » de suivi de l'état de conservation sont définis :
  • nombre et répartition des activités agropastorales,
  • évolution des engagement financiers publics,
  • évolution de la fréquentation touristique,
  • indicateurs démographiques,
  • indicateurs d'état de la biodiversité et de maintien des caractéristiques paysagères.

C'est évidemment vers ces indicateurs que doit se tourner l'attention des collectivités territoriales soucieuses de ne pas « laisser passer le train » du patrimoine mondial : c'est de leur capacité d'initiative et de conviction que dépendra l'effectivité de l'action concertée autour des patrimoines vivants à sauvegarder et valoriser.

Nous remercions très vivement le Conseil général du Gard et plus particulièrement l'Office départemental du tourisme qui nous a rendu destinataire de ce dossier, malheureusement peu diffusé (400 exemplaires).

Le dossier de candidature a été réalisé en juin 2009 par le bureau d'études GRAHAL. Il est remarquablement illustré et cartographié et consultable, sur place, à la bibliothèque de Lasalle.